mardi 19 septembre 2017

La chambre des époux - Eric Reinhardt

Présentation de l'éditeur :

"Nicolas, une quarantaine d’années, est compositeur de musique. Un jour, sa femme Mathilde apprend qu’elle est atteinte d’un grave cancer du sein qui nécessite une intense chimiothérapie. Alors que Nicolas s’apprête à laisser son travail en plan pour s’occuper d’elle, Mathilde l’exhorte à terminer la symphonie qu’il a commencée. Elle lui dit qu’elle a besoin d’inscrire ses forces dans un combat conjoint. Nicolas, transfiguré par cet enjeu vital, joue chaque soir à Mathilde, au piano, dans leur chambre à coucher, la chambre des époux, la symphonie qu’il écrit pour l’aider à guérir.
https://flipbook.cantook.net/?d=%2F%2Fwww.edenlivres.fr%2Fflipbook%2Fpublications%2F276361.js&oid=3&c=&m=&l=&r=&f=pdfS’inspirant de ce qu’il a lui-même vécu avec son épouse pendant qu’il écrivait son roman Cendrillon voilà dix ans, Éric Reinhardt livre ici une saisissante méditation sur la puissance de la beauté, de l’art et de l'amour, qui peuvent littéralement sauver des vies."


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Notre avis :




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Du même auteur, vous trouverez également à la bib:

Cendrillon
L'Amour et les forêts
Le Système Victoria


Bakhita - Véronique Olmi



Bakhita est un titre éponyme. Tout le roman est centré sur le parcours de ce personnage féminin qui emporte son lecteur au temps de l’esclavage, à la fin du XIX.
Le livre débute par la découverte d’une mère et de sa fille dans un village du Darfour. Mais très vite, la petite fille est arrachée à son enfance et plongée dans le monde particulièrement cruel des esclavagistes. Cet ouvrage, pourtant catalogué comme roman, retrace les voyages douloureux de milliers d’êtres humains, arrachés à leur vie et condamnés à servir de riches européens. 
La lecture de ce livre est indispensable, comme un écho en forme de miroir inversé à un roman qui fit du bruit lors de sa première parution : La Case de l’Oncle Tom. Véronique Olmi prend le parti, non pas d’alimenter le mythe du bon sauvage, ni de défendre la négritude portée par des auteurs comme Césaire et Senghor, mais plutôt de donner à entendre et à comprendre les souffrances physiques et psychologiques qu’un être humain est capable d’infliger à un autre, en toute légitimité.
Ce roman n’est pas écrit en forme de pamphlet contre l’esclavagisme, mais à la fin de sa lecture, on ne peut qu’être absolument effaré à l’idée que ces vies de douleur ont existé au nom du profit et de l’asservissement.
http://fr.calameo.com/read/0019186725e30ba5b8408?bkcode=0019186725e30ba5b8408&volume=0&wmode=transparent&page=2Pourtant son auteure ne joue pas sur les ressorts de la pitié. Elle énonce assez froidement les épreuves traversées par l’héroïne. Mais cette mise à distance crée un espace que le lecteur investit pour s’identifier à Bakhita. On ne pleure pas avec elle, mais on ne cesse de se demander au fil des pages, comment elle peut résister et survivre à des traitements aussi sauvages. Cette interrogation permanente sert de procès à ses bourreaux. Roman complexe, la dernière partie déplace une ultime fois le point de vue pour questionner sur la place de la spiritualité.


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Prix du Roman Fnac 2017.

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De Véronique Olmi, nous vous proposons également:

Cet été-là
J'aimais mieux quand c'était toi
La Nuit en vérité
Le Premier amour
Nous étions faits pour être heureux
 

La gloire des maudits - Nicolas d’Estienne d’Orves



L’histoire concerne une multitude de personnages dont deux en particulier, Gabrielle Valoria et Sidonie Porel.
Gabrielle est la fille d’Enrique Valoria, un collaborationniste exécuté sous ses yeux après la guerre. Elle habite un bel appartement autour du Jardin du Palais Royal avec son jeune frère et elle éprouve des difficultés financières pour tout gérer. Février 1955, elle reçoit une lettre d’un inconnu qui se propose de lui raconter une partie de la vraie vie de Sidonie Porel qu’il connaît depuis son enfance. Aussi, accepte-t-elle l’offre de cet inconnu quand il lui propose contre rémunération de l’aider à devenir la biographe de Sidonie Porel pour découvrir ses secrets et le venger...
Sidonie Porel est romancière et Présidente du Jury Goncourt. Décembre 1955, elle est retrouvée morte, plongée dans la Marne au volant de sa voiture. S’agit-il d’un accident, d’un suicide ou d’un assassinat ?

http://www.albin-michel.fr/ouvrages/la-gloire-des-maudits-9782226317308#livre-extraitL’auteur, Nicolas d’Estienne d’Orves, 43 ans, s’est amusé à mettre en scène des personnages connus ou bien imaginaires vivant à Paris, dix ans après la guerre. Ce sont des « collabos » qui ressortent de prison en 1953, se réinsèrent et s’inventent de nouvelles vies. Ce livre se lit facilement un peu comme un thriller car Gabrielle, personnage pur dans cet entourage malsain, mène l’enquête à la recherche de la vérité et nous livre ses découvertes : un « Paris » des bas-fonds, une société littéraire singulière et un milieu politique de traîtres. Même si des anecdotes paraissent peu crédibles et des personnages se révèlent facétieux, ce livre sur le mensonge de plus de 500 pages est bien construit et constitue un véritable scénario de film

Belle fresque romanesque. Découverte d’un nouvel auteur à la Bibliothèque.


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mardi 12 septembre 2017

Conférence sur COLETTE!

Les Amis de la Bibliothèque de St-Georges proposent :


JEUDI 5 OCTOBRE 2017 
à 20h 30
au Centre culturel 

une conférence de Samia BORDJI 
du Centre-Colette de St-Sauveur 
sur COLETTE



De sa naissance à Saint-Sauveur-en-Puisaye, dans l'Yonne, en 1873, à sa mort à Paris en 1954, la vie de Colette reflète le parcours hors du commun d’une femme libre : liberté physique, droit de choisir et, surtout, indépendance financière. Une vie traversée de combats, de scandales, d’épreuves, où chaque étape lui a permis de conquérir de haute lutte la reconnaissance officielle. A travers de nombreuses anecdotes, cette conférence retracera les mille et une vies de cette pionnière qui fut l’un des plus grands écrivains du XXe siècle.

Entrée libre.

A NE PAS MANQUER!
 

Souvenirs de la marée basse - Chantal Thomas



Le lecteur aurait tendance à penser "encore un roman sur la relation mère/fille!". Mais Chantal Thomas évite l'écueil de la reprise d'un sujet rebattu.
D'abord parce que Jackie, sa mère, fantasque, éprise de liberté, étouffant sous les contraintes imposées aux femmes de son époque, éclaire la personnalité de l'auteure. Car, pour Chantal Thomas aussi, la raison n'a jamais été son point d'ancrage d'où peut-être cette attirance de l'écrivaine pour le XVIIIe, pour Sade ou Casanova et son refus des codes et des carcans.
http://www.seuil.com/ouvrage/souvenirs-de-la-maree-basse-chantal-thomas/9782021343151?reader=1#page/1/mode/2upEnsuite parce que ce roman de la mère est aussi celui de la mer, de l'eau bienfaisante, libératrice, univers sans bornes dans lequel Jackie et sa fille ont tant de plaisir à se mouvoir, l'une comme refuge, l'autre pour "la grâce de l'instant". D'Arcachon à Menton puis à Nice, c'est dans la nage que Jackie trouvera son unique épanouissement. L'auteure offre de superbes pages sur le bonheur de se couler dans l'élément liquide, de se glisser entre les vagues, de sentir la caresse de l'eau sur son corps.

S'il est un lieu où mère et fille sont en empathie, c'est la mer et s'il est un élément qu'elles aiment avec la même ferveur, c'est l'élément aquatique, féminin par excellence. Ainsi Chantal Thomas transforme en aventure inédite, un sujet qui aurait pu sembler banal et maintes fois traité.


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Du même auteur, nous vous proposons également:

L'Echange des princesses
Les Adieux à la Reine

L'invention des corps - Pierre Ducrozet




Ce roman est une forme hybride qui entrecroise faits historiques et science-fiction. Sa structure est constituée de trois mouvements majeurs. 
http://www.actes-sud.fr/sites/default/files/9782330086329_extrait.pdfLe premier raconte le point de vue d’un professeur en informatique qui a réchappé aux enlèvements d'Iguala. Il s’agit de la disparition de 43 étudiants issus de l'Ecole Normale Rurale d'Ayotzinapa, le 26 septembre 2014, dans la ville d'Iguala, dans l'État de Guerrero, au Mexique.
Alvara est parvenu à survivre et s’échappe dans le désert. Sa longue marche, après moult péripéties le conduit vers une double rencontre : celle d’Adèle, jeune biologiste surdouée et Parker. Ce dernier est un grand Magnat du Net qui rêve d’inventer l’immortalité. Ce deuxième mouvement est l’occasion de revisiter les débuts du Net et d’entrer dans une forme de science-fiction contemporaine.
Le troisième mouvement se focalise sur le lien qui s’établit entre Alvara et Adèle, sur leurs parcours en forme d’initiation.

Ce roman est subtile, tout en nuances : une vraie découverte de cette rentrée. Etonnant dans l’écriture et la construction, il faut le lire pour se forger son propre point de vue.


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La salle de bal - Anna Hope



L’histoire : Le contexte est particulier : en 1911, le « Mental Deficiency Act » est sur le point d’être voté par le gouvernement de Churchill : il s’agit d’un mouvement eugéniste qui préconise la stérilisation des êtres faibles d’esprit dans le but d’éviter la décadence de la société et donc qu’ils se reproduisent…
L’asile de Sharston, dans un comté traditionnel d’Angleterre, le Yorkshire, abrite des hommes et femmes séparés, les uns travaillent aux champs et les autres, confinées à l’intérieur, se consacrent aux tâches domestiques. C’est une véritable ferme qui assure la nourriture des  malades grâce à leur travail. Le personnel est peu sensible (et peu psychologue) sauf, au début, le docteur Charles Fuller qui souhaite faire évoluer les malades grâce à la musique et à la danse dans la fameuse et magnifique salle de bal occupée tous les vendredis par les « meilleurs » d’entre les aliénés. Le lecteur suivra la vie de quatre personnages : Ella Faye, une fileuse de la classe ouvrière, John Mulligan, un Irlandais « mélancolique », Clem, une jeune fille riche qui aime la lecture et ne veut pas épouser l’homme choisi par sa famille… tous médicalement et malheureusement « psychologiquement » suivis par Charles… 

https://flipbook.cantook.net/?d=%2F%2Fwww.edenlivres.fr%2Fflipbook%2Fpublications%2F277426.js&oid=3&c=&m=&l=&r=&f=pdfCe roman est intéressant car Anna Hope est bien documentée sur cet asile, sur la folie et son traitement à l’époque. En effet, c’est à partir d’une situation familiale qu’elle s’est intéressée à ce lieu puisque son arrière-grand-père, trouvé indigent, y a été enfermé. Ce livre est bien construit et se lit facilement : les personnages se cherchent et se battent (ou non) pour vivre. L’environnement naturel de cet asile est très bien décrit. Le rythme paraît lent mais l’auteur nous emporte sereinement vers un drame que l’on pressent inexorablement. Le lecteur aura hâte de connaître la fin de l’histoire et l’avenir de ses personnages. Ce roman rappelle « Vol au-dessus d’un nid de coucou» dans la mesure où il dénonce la déshumanisation dont les patients souffrent et où il critique la violence du système et le manque de respect envers les êtres humains d’un asile qui correspond plutôt à une prison.

Bon roman.

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Le chagrin des vivants d'Anna Hope est également à la bib.